Passer au contenu principal

Le pelvic drop chez les coureurs : définition, importance et prévention

Mis à jour aujourd’hui

Lors de l’analyse de la biomécanique de la course, un facteur clé souvent étudié est le pelvic drop. Comprendre ce phénomène est essentiel pour identifier les inefficacités de la foulée, diagnostiquer les risques potentiels de blessure et améliorer la performance globale. Cet article explore ce qu’est le pelvic drop, comment il est calculé et pourquoi cette variable est importante en analyse biomécanique.

Qu’est-ce que le pelvic drop ?

Le pelvic drop, également appelé pelvic drop controlatéral, correspond à l’inclinaison vers le bas du bassin du côté opposé à la jambe en appui pendant la phase de soutien de la course. En termes simples, lorsque un pied est en contact avec le sol, le bassin devrait idéalement rester relativement stable. Cependant, dans certains cas, le côté opposé du bassin s’abaisse plus que prévu, indiquant un pelvic drop.

Figure 1 : Visualisation du pelvic drop en vue postérieure

Pourquoi le pelvic drop est-il important ?

Pour chaque augmentation de 1° du pelvic drop, le risque d’être classé comme blessé augmente de 80 % (Bramah et al., 2018).

1. Indicateur de faiblesse musculaire

Le pelvic drop est souvent un signe de faiblesse des abducteurs de hanche (Hannigan, 2014), notamment les muscles fessiers. Ces muscles jouent un rôle clé dans la stabilisation du bassin lors des appuis unipodaux comme la course.

2. Évaluation du risque de blessure

Un pelvic drop excessif peut augmenter les contraintes sur le bas du dos, les hanches, les genoux et les chevilles. Il peut contribuer à des pathologies comme le syndrome de la bandelette ilio-tibiale, le syndrome fémoro-patellaire, la tendinopathie d’Achille ou les douleurs lombaires.

3. Efficacité de la performance

Un bassin stable favorise un meilleur transfert d’énergie et une meilleure efficacité de course. À l’inverse, un mouvement excessif entraîne une perte d’énergie et une baisse de performance. (Schache et al., 2001).

Discussion dans la littérature scientifique

Le pelvic drop reste un sujet débattu dans la littérature scientifique. Certaines études (Hannigan, 2014 ; Frederisco et al., 2000, Bramah et al., 2018) suggèrent que le renforcement de muscles clés peut réduire le pelvic drop, soulager la douleur et diminuer le risque de blessure. Cependant, d’autres (Burnet, 2008 ; Burnet and Pidcoe, 2009 ; Kendall et al., 2010) estiment qu’une approche biomécanique plus globale devrait être envisagée pour améliorer la posture des coureurs. Cela souligne la nécessité d’analyser le pelvic drop dans un cadre biomécanique plus large. Le corps peut utiliser le pelvic drop comme une stratégie de compensation en réponse à un mauvais alignement ailleurs dans la chaîne cinétique, qu’il s’agisse du haut ou du bas du corps. Ainsi, évaluer le pelvic drop de manière isolée peut faire passer à côté d’autres facteurs contribuant à la posture d’un coureur.

Comment le pelvic drop est-il mesuré ?

D’un point de vue biomécanique, le pelvic drop est quantifié en mesurant l’angle formé entre une ligne tracée à travers les épines iliaques postéro-supérieures (PSIS) et une véritable ligne de référence horizontale (Pipkin et al., 2016).

  • Pour pouvoir enregistrer l’angle du pelvic drop, vous pouvez : Utiliser la capture du mouvement avec des marqueurs placés au niveau des PSIS. La capture du mouvement est précise mais coûteuse et généralement disponible uniquement dans des laboratoires spécialisés en biomécanique.

Figure 2 : Représentation 2D du pelvic drop controlatéral à mi-appui à l’aide de la capture du mouvement. (A) coureur blessé ; (B) coureur sain (Bramah et al. 2018)

  • Utiliser des outils d’analyse vidéo comme Ochy, où le coureur est filmé de dos sur un tapis roulant pendant la course. Un simple téléphone suffit pour vous filmer et obtenir une analyse rapide.

ochy pelvic drop analysis

Figure 3 : Représentation 2D du pelvic drop controlatéral à mi-appui avec Ochy

Comment puis-je prévenir les blessures ?

1. Identifier votre posture :

La première étape consiste à savoir si vous présentez un pelvic drop en réalisant une analyse biomécanique.

  1. Gardez-le en tête pendant l’entraînement :

Imaginez qu’un fil tire le sommet de votre tête vers le haut, ce qui aide à garder votre bassin à niveau et stable pendant que vous courez. Concentrez-vous sur des appuis contrôlés — évitez de « vous écraser » sur votre jambe lorsque votre pied entre en contact avec le sol.

  1. Renforcement musculaire :

Le pelvic drop a été associé à une faiblesse des abducteurs de hanche (Frederisco et al.,2000 ; Hannigan, 2014). Renforcez vos muscles fessiers, vos ischio-jambiers, vos adducteurs et vos fléchisseurs de hanche pour améliorer la stabilité pelvienne. Des exercices comme les squats sur une jambe, les clamshells, les hip thrusts et les élévations latérales de jambe en position allongée sur le côté sont particulièrement efficaces.

Figure 4 : Élévations latérales de jambe en position allongée sur le côté : exemple d’exercice de renforcement pour éviter le pelvic drop

4. Souplesse et mobilité :

Intégrez des routines d’étirement pour maintenir la souplesse des fléchisseurs de hanche, des ischio-jambiers et des muscles du bas du dos. Cet équilibre entre force et souplesse favorise un contrôle optimal du bassin.

Figure 5 : Exemple d’étirement des muscles de la hanche

5. Entraînement neuromusculaire :

Pratiquez des exercices qui améliorent l’équilibre et la proprioception, comme les appuis sur une jambe ou les exercices de stabilité dynamique, afin d’améliorer le contrôle neuromusculaire pendant la course.

Figure 6 : Exemple d’entraînement neuromusculaire pour la proprioception

Retrouvez plus d’exemples d’exercices de renforcement sur l’application Ochy !

Conclusion

Le suivi du pelvic drop est un aspect fondamental de l’analyse biomécanique chez les coureurs. Bien qu’un pelvic drop excessif ait été associé à des faiblesses musculaires et à un risque accru de blessure, son rôle reste débattu dans la littérature scientifique. Certaines recherches suggèrent que le renforcement de muscles clés peut atténuer ses effets, tandis que d’autres études indiquent qu’une approche biomécanique plus globale devrait être envisagée pour corriger la posture des coureurs. Il est donc important que les coureurs déterminent s’ils présentent un pelvic drop ; toutefois, celui-ci ne doit pas être évalué de manière isolée. Au contraire, le pelvic drop doit être considéré dans le contexte plus large de la biomécanique globale, car d’autres parties du corps, comme la chaîne cinétique supérieure et inférieure, peuvent influencer sa présence. Les coureurs, les coachs et les cliniciens devraient adopter une approche globale lors de l’analyse et de la prise en charge de la mécanique pelvienne. En tenant compte de tous les facteurs contributifs, les coureurs peuvent optimiser leur performance et réduire leur risque de blessure.

Téléchargez Ochy dès maintenant pour analyser votre posture de course : https://app.ochy.io/

References

  • Bramah, Christopher, Stephen J. Preece, Niamh Gill, and Lee Herrington. 2018. ‘Is There a Pathological Gait Associated With Common Soft Tissue Running Injuries?’ The American Journal of Sports Medicine 46 (12): 3023–31. https://doi.org/10.1177/0363546518793657.

  • Burnet, Evie. 2008. ‘Frontal Plane Pelvic Drop in Runners: Causes and Clinical Implications’. Theses and Dissertations, January. https://doi.org/10.25772/BRSC-TP68.

  • Burnet, Evie N., and Peter E. Pidcoe. 2009. ‘Isometric Gluteus Medius Muscle Torque and Frontal Plane Pelvic Motion during Running’. Journal of Sports Science & Medicine 8 (2): 284–88.

  • Fredericson, Cookingham, Chaudhari, Dowdell, Oestreicher, and Sahrmann. 2000. ‘Hip Abductor Weakness in Distance Runners with Iliotibial Band Syndrome’. ResearchGate, October. https://doi.org/10.1097/00042752-200007000-00004.

  • Hannigan, James. 2014. ‘The Relationship Between Hip Strength and Hip, Pelvis, and Trunk Kinematics in Healthy Runners’, September. https://hdl.handle.net/1794/18317.

  • Kendall, Karen D., Christie Schmidt, and Reed Ferber. 2010. ‘The Relationship Between Hip-Abductor Strength and the Magnitude of Pelvic Drop in Patients With Low Back Pain’, November. https://doi.org/10.1123/jsr.19.4.422.

  • Pipkin, Andrew, Kristy Kotecki, Scott Hetzel, and Bryan Heiderscheit. 2016. ‘Reliability of a Qualitative Video Analysis for Running’. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy 46 (7): 556–61. https://doi.org/10.2519/jospt.2016.6280.

  • Preece, Elsais, Jones, and Herrington. 2019. ‘Abnormal Muscle Coordination Rather than Hip Abductor Muscle Weekness May Underlie Increased Pelvic Drop during Running’. In ResearchGate. https://www.researchgate.net/publication/336284814_ABNORMAL_MUSCLE_COORDINATION_RATHER_THAN_HIP_ABDUCTOR_MUSCLE_WEAKNESS_MAY_UNDERLIE_INCREASED_PELVIC_DROP_DURING_RUNNING.

  • Schache, Anthony G., Peter D. Blanch, David A. Rath, Tim V. Wrigley, Roland Starr, and Kim L. Bennell. 2001. ‘A Comparison of Overground and Treadmill Running for Measuring the Three-Dimensional Kinematics of the Lumbo–Pelvic–Hip Complex’. Clinical Biomechanics 16 (8): 667–80. https://doi.org/10.1016/S0268-0033(01)00061-4.

  • Souza, Richard B., and Christopher M. Powers. 2009. ‘Differences in Hip Kinematics, Muscle Strength, and Muscle Activation Between Subjects With and Without Patellofemoral Pain’. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy 39 (1): 12–19. https://doi.org/10.2519/jospt.2009.2885.

  • Willy, Richard W., Kurt T. Manal, Erik E. Witvrouw, and Irene S. Davis. 2012. ‘Are Mechanics Different between Male and Female Runners with Patellofemoral Pain?’ Medicine and Science in Sports and Exercise 44 (11): 2165–71. https://doi.org/10.1249/MSS.0b013e3182629215.

Avez-vous trouvé la réponse à votre question ?